Chronique Les Belles Personnes de Chloé Cruchaudet

Juliet Romeo Librairie La Madeleine (Lyon)

Alors que nous traversons toutes et tous une période complexe et inédite, découvrir la bande dessinée de Chloé Cruchaudet, c’est se rappeler hier et rêver à demain en découvrant une galerie de personnes incroyables, tirés de témoignages de Lyonnais. Et ça fait du bien°!

 

 

« Lyonnaises, Lyonnais ! Votre voisine est incroyable ? Votre boulanger est étonnant ? Amis et amies, passants ou collègues, famille et connaissances… les gens qui vous entourent gagnent à être connus. Il est temps de leur rendre hommage. » C’est ainsi que le projet Les Belles Personnes a été lancé par Chloé Cruchaudet, en lien avec Lyon BD et le MHL-Musée d’Histoire de Lyon. Pendant quelques mois, elle a recueilli des témoignages, allant de quelques lignes à quelques pages, dans le but de mettre en images ces textes d’anonymes sur des anonymes à travers une exposition, qui devait avoir lieu en juin 2020, et une bande dessinée. En ressort aujourd’hui quatorze portraits. Ceux de personnes qui ont été, pour quelqu’un ou pour beaucoup, exceptionnelles. Dans ces pages, vous reconnaîtrez peut-être certains Lyonnais, de ceux qui font les légendes urbaines. J’ai reconnu le témoignage d’une amie et l’hommage qu’elle rend à l’infirmière qui s’est occupée de son fils prématuré. Et j’ai pensé à toutes ces personnes que nous croisons, parfois au quotidien, parfois juste le temps d’un échange, toutes ces personnes qui font le lien, qui font les changements, qui font la vie. Les Belles Personnes est une œuvre sensible. Parce qu’elle nous parle des anonymes, parce qu’elle parle de nous, spectateurs ou acteurs de ces scènes. Ces histoires nous donnent le sourire, la joie de vivre, la mélancolie parfois, mais surtout elle nous rappelle à chaque case que la vie est faite de rencontres avec des belles personnes. Et puis, il y a le dessin de Chloé Cruchaudet. Un dessin tout en douceur, en rondeur, en mouvement. Chaque histoire possède sa propre couleur dominante, parfois sombre, parfois lumineuse. Une touche de couleur flashy pour certaines. Une ambiance austère pour d’autres. Si certains personnages sont très réalistes, d’autres sont représentés de manière plus onirique ou fantasmagorique, en fonction du propos. Chaque histoire en devient unique graphiquement. Et c’est ainsi que les aquarelles des planches prennent vie devant nous. Il restera de ce voyage du quotidien des histoires uniques et pourtant universelles. Nous avons toutes et tous nos héros du quotidien. Celles et ceux dont on aurait aimé pouvoir parler. Celles et ceux dont nous aurons envie, une fois Les Belles Personnes refermé et rangé, de parler. Celles et ceux à qui nous n’oserons peut-être jamais dire notre admiration. Mais, en même temps, il n’est jamais trop tard pour le faire, non ?

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