Littérature française
Véronique Ovaldé
Vivre sans bonheur et n’en point dépérir
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Véronique Ovaldé
Vivre sans bonheur et n’en point dépérir
Flammarion
19/08/2026
208 pages, 21 €
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Chronique de
Marie-Ève Charbonnier
Librairie Paroles (Saint-Mandé) - ❤ Lu et conseillé par 31 libraire(s)
✒ Marie-Ève Charbonnier
(Librairie Paroles, Saint-Mandé)
Un livre pour réparer, pour rendre hommage, pour expliquer : c’est l’objet de ce récit très personnel et bouleversant que nous offre Véronique Ovaldé pour raconter sa mère.
Véronique Ovaldé s’offre ici un pas de côté par rapport à ses romans précédents, tous d’une fantaisie sans pareille, en signant un livre très personnel et ancré dans sa propre histoire. Elle se met en scène et raconte la vie de sa famille, sa sœur, ses parents. Sa mère surtout, à laquelle le livre rend hommage, une mère silencieuse et maltraitée. Silencieuse car maltraitée. Un personnage de mère auquel colle parfaitement la citation de Colette que le titre du livre emprunte, qui dans son entièreté dit ceci : « Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, voilà une occupation, presque une profession ». Car c’est en effet le but principal de cette mère, réduite au silence par son mari : ne pas faire de bruit, ne pas risquer de se faire remarquer par lui. Et toujours, dans ce silence, cet effacement, chérir ses filles et leur rendre la vie plus douce. Certes le sujet n’est pas nouveau car les langues et les plumes se libèrent beaucoup. Mais aura-t-on jamais tout dit ? Et la force n’est-elle pas, aussi, dans le nombre de récits ? Et puis, il y a l’élégance de l’écriture, de la narration, cet hommage rendu à sa mère par les mots, cette femme qui aurait pu, à des moments cruciaux, bifurquer, prendre une voie de traverse, s’échapper. C’est dans ces hypothèses, ces bifurcations qu’on retrouve la plume légère et fantasque de l’autrice. Des chemins de traverse que la mère n’a cependant pas pris. Et c’est le contraste entre la vie possible et la vie réelle qui donne un peu de légèreté au livre, tout en lui donnant une gravité supplémentaire. Il y a beaucoup d’amour dans ce livre, pas de misérabilisme, de la lucidité. Véronique Ovaldé signe ici un récit magnifique, un livre de funambule, toujours entre gravité et légèreté, entre exposition et pudeur, entre analyse, tentative de comprendre et amour.