Littérature étrangère
Paul Murray
La Piqûre d’abeille
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Paul Murray
La Piqûre d’abeille
Traduit de l'anglais (Irlande) par Paul Matthieu
Albin Michel
19/08/2026
600 pages, 24,90 €
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Chronique de
Marie-Ève Charbonnier
Librairie Paroles (Saint-Mandé) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Caroline Dauge de de Chambourcy (Chambourcy)
- Élodie Bonnafoux de Arcanes (Châteauroux)
- Séverine Aumont-Sanz de Volte pages (Olivet)
- Marie Mannevy de La Boîte de Pandore (Lons-le-Saunier)
- Marie-Ève Charbonnier de Paroles (Saint-Mandé)
- Martin Knosp de Espace culturel (Saint-Grégoire)
- Céline Dereims de Les yeux qui pétillent (Valenciennes)
✒ Marie-Ève Charbonnier
(Librairie Paroles, Saint-Mandé)
Dans un fascinant récit choral en spirale, avec des retours dans le passé qui éclairent le présent, Paul Murray raconte l’histoire de l’Irlande contemporaine au travers de celle de la famille Barnes.
C’est un roman irlandais dont on a l’impression qu’il est américain. Une fresque dense, ample, drôle, maligne qui se sert d’une histoire familiale pour raconter l’histoire d’une époque. Un grand et gros roman (600 pages) qui se dévore. L’action se situe de nos jours, dans une petite ville de province irlandaise, ce genre de ville où tout le monde se connaît et chuchote quand on a le dos tourné. Au début du roman, la situation financière de la famille Barnes va de mal en pis car le garage qui en avait fait la fortune est au bord de la faillite. Ce cadre-là, c’est aussi une façon pour l’auteur de parler de la crise économique des années 2000. Le père, Dicky, n’a rien fait pour la surmonter et ne pense qu’à se construire un bunker. La mère, Imelda, est une ancienne reine de beauté au goût prononcé pour les beaux (et luxueux !) vêtements et l’argent qui permet de s'en procurer. Ce qui sans doute peut s’expliquer par son passé. La fille, Cass, passe ses examens pour entrer à l’université et sa vie tourne autour de sa meilleure amie Elaine, pour laquelle elle nourrit des sentiments ambigus. Quant à PJ, son jeune frère, c’est un passionné de jeux vidéo et de tout ce qui touche au vivant. Il est légèrement dépressif et n’a qu’une crainte : que ses parents divorcent. Tout ce petit monde va évoluer au fil du roman, le passé éclairant la complexité du présent. Ce qui rend le roman remarquable, c’est aussi le ton, la façon dont l’auteur embrasse ses personnages, leur donne des personnalités tout en nuances, en adaptant à chaque fois son style. Il adopte pour ce faire une construction au cordeau, en entonnoir, avec une alternance de voix, les chapitres se resserrent, le rythme s’accélère. C’est impressionnant ! Le tout avec un suspense ménagé jusqu’à la fin, les mystères se dévoilant peu à peu. Un roman addictif !