Chronique Outresable de Hugh Howey

  • Hugh Howey
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Thierry Arson
  • Coll. «Exofictions»
  • Actes Sud
  • 02/01/2019
  • 336 p., 22.80 €

Hugh Howey, que l’on avait adoré avec la trilogie Silo, nous revient avec un nouveau roman de science-fiction, réussi et passionnant, porté par des personnages attachants et une ambiance dont lui seul a le secret.

Il est vrai qu’il sait nous plonger dans des univers inquiétants, où le sentiment d’enfermement n’est jamais loin. Après les silos puis une station spatiale, le nouveau terrain de jeu de Hugh Howey est un monde plongé sous le sable et balayé par les vents. Les villes ont été englouties sous des mètres de sable et sont devenues invisibles au commun des mortels qui tente de survivre à la surface. Seuls quelques initiés, des plongeurs, bravent les dangers pour sonder les profondeurs, grâce à des combinaisons puissantes qui leur permettent de se déplacer dans le sable et de ramener à la surface quelques objets des temps anciens. Le jour où Danvar, la cité mythique, est enfin découverte, le monde du dessus bascule dans le chaos révélant des secrets qui n’ont rien du mythe. Palmer, plongeur à l’origine de la découverte, se retrouve à devoir lutter pour sa survie déjà précaire et celle de sa famille. La vie dans les sables n’a jamais été douce pour eux depuis que leur père a un jour quitté la famille, les liens se sont distendus et l’absence a aiguisé les ressentiments. Entre la sœur, plongeuse surdouée, la mère qui a survécu en se prostituant et les petits frères qui rêveraient de suivre les traces de leurs aînés, c’est une famille disloquée, mais finalement unie, qui tente de survivre dans ce monde en train de basculer. C’est un roman haletant, où le sentiment d’urgence porté par l’atmosphère pesante du sable est retranscrit à la perfection, on se prend à manquer d’air en lisant le récit des plongées et des corps malmenés par le vent. Hugh Howey, comme souvent, réussit à donner de la profondeur à chacun de ses personnages, en nous attachant à tous et il nous emporte dans le récit foisonnant de ce monde en perdition où la famille est finalement la seule chose qui mérite d’être sauvée.

Maria Ferragu Librairie Le Passeur de l’Isle (L’Isle-sur-la-Sorgue)

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