Chronique Minuit, Montmartre de Julien Delmaire

Véronique Marchand Librairie Le Failler (Rennes)

Montmartre, 1909. Un soir de trop de faim et de peur, une jeune femme guidée par un étrange chat frappe à la porte d’un peintre. La Bohême racontée avec verve et virtuosité.

« La Butte en ces temps-là, paraissait une montagne. » Montmartre, « où la poésie et la tuberculose régnaient à parts égales », était une zone où vivotaient des artistes et des poètes, où se cachaient les anarchistes, sévissaient des souteneurs et trimaient les blanchisseuses et les trotteuses. Une faune hétéroclite immortalisée par des peintres géniaux, qui laissait ses quelques sous et sa santé dans les caboulots devant une mauvaise absinthe, des individus hauts en couleur qui parlaient parigot et dont certains sont devenus des légendes. Parmi eux, Théophile Alexandre Steinlen, dont Julien Delmaire fait le personnage emblématique de son roman. Steinlen est un homme las et désabusé qui voit la Butte irrémédiablement se transformer. Son temps est fini, pense-t-il, la Commune a laissé d’amers souvenirs enfouis sous le Sacré-Cœur, les chats ne l’inspirent plus, la Belle Époque se meurt doucement et la Goulue est devenue une pauvresse. L’arrivée d’une jeune et sculpturale Africaine au passé douloureux va lui redonner le goût de l’amour et l’envie de peindre. On est dans un film de Renoir avec des décors de Trauner et des dialogues à la Prévert. C’est réjouissant et d’une grande poésie.

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