Chronique Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan

Véronique Marchand Librairie Coiffard (Nantes)

Lucile irradiait une lumière aussi belle que vive qui fascinait ceux qui l’approchaient. Mais une vie recèle des mystères qui se fragmentent en autant de zones d’ombre que de lumière. 

Son nouveau livre, Delphine de Vigan se refusait à l’écrire. Pendant des mois elle a bataillé contre elle-même. « Et puis un jour j’ai compris que ma trajectoire passait par-là, que je n’avais pas le choix, et que si je n’écrivais pas ce livre je n’en écrirais pas d’autre », explique-t-elle doucement. Comment écrire sur sa mère ? Pour tenter de trouver la ou les clefs, l’auteur a demandé à ses tantes et oncles de lui raconter leur sœur, Lucile. Elle a enregistré des heures de « souvenirs, de silences, de larmes et de soupirs, de rires et de confidences », elle a ouvert les cartons soigneusement rangés dans des caves, reposé les mêmes questions et beaucoup d’autres encore nées des révélations qu’elle obtenait, et elle a croisé ses souvenirs avec ceux de sa sœur. « J’ai compris peu à peu que je menais un genre d’enquête sur la souffrance de ma mère, mais aussi que j’éprouvais un grand plaisir à mettre en mots ma famille, sa mythologie, ses frasques, son désespoir. Et que si j’avais envie de rendre hommage au mythe, j’avais aussi l’envie d’en connaître l’envers, les coulisses, les secrets », précise-t-elle. Elle peut être sereine et fière Delphine de Vigan, car elle a écrit un superbe et bouleversant texte. 

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