Chronique Sukkwan Island de David Vann

  • David Vann
  • Traduit de l'américain par Laura Derajinski
  • Folio
  • 30/08/2012
  • 231 p., 6.50 €

FRANÇOIS REYNAUD, Librairie des Cordeliers, Romans-sur-Isère

Émouvant et dérangeant, débordant d’émotions complexes, il est à parier que ce premier roman de David Vann marquera au fer rouge la mémoire des lecteurs.

Parce que, jusqu’ici, il a raté tout ce qu’il a entrepris dans sa vie – mariage, paternité, travail –, Jim s’en va passer une année dans une cabane sommairement aménagée sur une île isolée et inhabitée : Sukkwan Island, au sud de l’Alaska. Là, il espère faire le point sur sa triste existence, et, au terme de cette année d’exil, revenir avec le sentiment d’avoir enfin mené à bien quelque chose sur cette terre. Mais Jim n’est pas parti seul. Roy, son fils de 13 ans l’accompagne. Peut-être cette expérience partagée saura-t-elle les rapprocher ? Très vite pourtant, la relation entre père et fils va connaître de sérieuses difficultés, dues en grande partie à la fragilité émotionnelle du premier. Alors que l’hiver quasi polaire approche, Jim, pour la plus grande crainte de Roy, ne semble pas être du tout à la hauteur de ce qui les attend. Sukkwan Island est un véritable tour de force en ce qu’il échafaude intrigue et suspense dans un magnifique huis clos… en pleine nature. Jamais plus de deux personnages dans ce livre… puis un seul, que l’on suivra, entre colère et pitié, empêtré dans la mélasse de ses échecs et encombré d’une mauvaise foi frisant la lâcheté, s’enfoncer jusqu’au plus profond de sa dernière nuit.

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