Chronique Voyages en Italie de Stendhal

Par Olivier Renault, Librairie L’Arbre à Lettres, Paris 14e

Diane de Selliers nous livre des merveilles, puis les réédite plus tard en formats plus abordables mais tout aussi enchanteurs. Des reproductions magnifiques, souvent d’œuvres rares, viennent dialoguer avec le texte et lui donner un autre rythme, en révéler les couleurs.

L’Italie est pour Stendhal synonyme de bonheur : lumière, couleurs, peinture, musique. Et les femmes. Et un savoir-vivre autre, différent. Il s’en veut le chroniqueur précis et sensuel : les ouvrages qu’il en tire se présentent sous forme de journal de sensation et de sociologie comparée. Précis ? On peut se demander, comme le préfacier Philippe Berthier, si Stendhal ne l’invente pas, ne la rêve pas ainsi : il « avait besoin que l’Italie fût telle, et il lui imprime sa marque au point de se l’approprier », au point que l’on a du mal à ne pas la voir par ses yeux. Rome, Naples et Florence, si beau livre, si mal nommé en ce que la vedette en est Milan et qu’il voyage partout, dans les petites villes et villages comme Reggio de Calabre, Plaisance, Pavie, Castel Gandolfo ou Sienne en dix minutes, et les grandes villes, bien sûr, Florence, Bologne, Naples, et Rome, qu’il néglige un peu – il se rattrapera néanmoins en écrivant le volumineux Promenades dans Rome. S’il y admire les mâles beautés de la Chapelle Sixtine, il supporte mal le « concert de chapons enroués » qu’est celui des castrats du Vatican. La musique comme révélateur de passion et instrument de mesure : « Le degré de ravissement où notre âme est portée est l’unique thermomètre de la beauté, en musique ; tandis que du plus grand sang-froid du monde, je dis d’un grand tableau du Guide : “ Cela est de la première beauté ! ” » C’est pourquoi il préfère tant Milan et sa Scala – éblouissement absolu ! –, par sa lumière si particulière, sa disposition, ses couleurs, le fait qu’elle soit « le salon de la ville ». Du coup, « Me voilà condamné à un dégoût éternel pour nos théâtres : c’est le véritable inconvénient d’un voyage en Italie ». Idem pour la peinture, où il faut se dépouiller de ce que l’on a vu à Paris pour vraiment voir les fresques italiennes. Et le ravissement continu, cet arte di godere (art de jouir) se transmet dans ces très beaux livres, où les superbes reproductions illuminent le texte de toutes les lumières de l’Italie.

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