Chronique Le Chat de Schrödinger de Philippe Forest

Olivier Renault Librairie L’Arbre à Lettres (Paris 14e)

Avec son nouveau roman, Philippe Forest élargit sa palette : nouveau style, incursion scientifique, vaporisation du narrateur, mais toujours autant de talent.

On commence par un peu de mécanique quantique et la célèbre théorie de Schrödinger. Pour aller très vite, dans cette expérience, il faut considérer le chat comme étant simultanément mort et vivant. Scandale pour la raison ? Pas pour la raison scientifique, en tout cas. Un soir, le narrateur voit apparaître un chat dans le jardin. Ou plutôt, disparaître. Les chats n’apparaissent jamais, on les voit furtivement, ils ont déjà disparu, là et ailleurs, neuf vies. Cet événement banal intrigue notre narrateur. Un chat (le même ?) se met à investir cette maison de bord de mer qu’il habite par intermittence, avec ou sans sa compagne. On sait peu de choses du narrateur, encore moins de sa compagne. Ils se parlent brièvement au téléphone, se croisent, et le chat devient entre eux un personnage, un mystère familier. Se promenant au bord du fleuve ou de la mer dans cette ville balnéaire à peine habitée, le narrateur regarde l’infini des vagues et des étoiles et s’interroge, à partir de son furtif chat et de celui de Schrödinger, sur l’identité et les univers parallèles, auxquels ressemble sa vie. Un roman qui pense, crée des décalages, fait rêver, sillonné de magnifiques moments d’écriture.

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