Chronique Les Œuvres de miséricorde de Mathieu Riboulet

Par Olivier Renault Librairie L’Arbre à Lettres (Paris 14e)

PRIX DÉCEMBRE

 

En ces temps de retour de la « morale laïque » à l’école, comment interpréter les injonctions morales dont, qu’on le veuille ou non, notre culture est irriguée ? Ici, on joue et l’on déjoue.

Pendant longtemps, « coucher avec les Boches » était le summum de la trahison. Soixante-quinze ans durant, l’Allemagne a été l’ennemi héréditaire. Trois guerres, l’extrême violence, les territoires confisqués, les redditions honteuses… tous ces éléments se conjuguaient pour perpétuer la haine de notre voisin. Même si l’Allemagne est maintenant notre alliée, ce sont ces motifs que Mathieu Riboulet examine au plus près. Aux Allemands, il fait l’amour et non plus la guerre. Aux pénétrations territoriales, il répond par d’autres, plus charnelles, ludiques, perverses ou tendres. Ces études sur le terrain, à Cologne et à Berlin, dans les boîtes gays ou ailleurs, l’auteur les développe en déclinant et parodiant le chapelet des « œuvres de la miséricorde » établies par saint… Matthieu (!) (dimensions triviale, religieuse, quotidienne), et que l’on retrouve dans leur plus haute expression esthétique à travers l’œuvre du Caravage. L’auteur livre de belles pages sur La Décollation de saint Jean-Baptiste (le plus grand tableau du Caravage), et d’autres sur la sensualité à fleur de peau, en montagne comme en boîte, une sensualité qui pense son histoire et déjoue ses atavismes. Œuvres de chair… et de charité ?

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