Chronique La Ballade de Bob Dylan de Daniel Mark Epstein

RENAULT OLIVIER, Librairie L'ARBRE À LETTRES, Paris

Musicien légendaire venant du folk et du blues, réinventeur de la musique populaire, poète jusqu’au bout de ses boucles… voici une vivante biographie d’un homme exceptionnel.

L’originalité de cette biographie est de se structurer en quatre parties, qui sont autant de concerts de Bob Dylan auxquels l’auteur a assisté : Washington en 1963, Madison Square Garden (NY) en 1974, Tanglewood en 1997 et Aberdeen en 2009.


1963 : l’auteur a quinze ans. C’est juste après Elvis et juste avant les Beatles. Il prend une claque en voyant et écoutant cet ange bouclé annoncer que les temps sont en train de changer, que plus rien ne sera comme avant (The Times They Are A-Changing). L’auteur évoque chaque chanson, analyse ses paroles et les différentes modulations de la voix du chanteur, l’accord de la guitare avec capodastre, sorte d’harmonica typiquement dylanien. Chaque morceau est un changement d’atmosphère, d’autres personnages qui prennent la parole. Un seul chanteur, des dizaines de voix. Des histoires parfois tragiques dans lesquelles le jugement est le plus souvent suspendu, mais où la prise de conscience est transmise à tous.


Puis on découvre le bref parcours d’un certain Bob Dylan, né au début des années 1940, orphelin, rejeté ou fugueur de familles d’accueil à travers l’Amérique. Puis celle de Robert Allen Zimmerman, né en 1941 dans une famille juive du Minnesota où il vécut une enfance plutôt heureuse et où il rencontra son propre personnage : Dylan n’a pas peur de créer sa légende et de se construire par le biais de quelques contradictions. 


On suit Dylan dans ses errances, dans son voyage à New York pour aller retrouver son idole malade, Woody Guthrie. Ses premières chansons, premières scènes, premières amours. Les témoignages font sentir que Dylan est une personnalité exceptionnelle. En le rencontrant, on sent d’emblée que l’on a affaire à quelqu’un d’autre, à quelqu’un de singulier.


Des concerts, des disques, des tournées, des amours, des prises de position, beaucoup de poésie. Un beau chapitre consacré à l’enregistrement de cette merveille crépusculaire qu’est Time out of Mind. Malgré quelques fautes de traduction, c’est passionnant à lire, même pour ceux qui ne connaissent pas beaucoup Dylan.


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