Chronique Un amour à l’aube de Elisabeth Barillé

Olivier Renault Librairie L’Arbre à lettres (Paris 14e)

Entre sa fascination pour ses origines russes (Une légende russe, Grasset) et les femmes écrivains (Anaïs Nin, Lou Andreas-Salomé), Elisabeth Barillé évoque une rencontre singulière.

Ils sont jeunes : Anna Akhmatova a 20 ans, Modigliani 25. Ils sont beaux : elle est grande, respire l’élégance, non vestimentaire, mais celle du port, de la démarche, de la gestuelle ; même la bosse de son nez lui confère un charme particulier. Lui, bien que petit, irradie par sa beauté physique et son intense flamme intérieure. Paris ne s’est pas encore bien remis de l’exceptionnelle crue de janvier 1910, lorsque Anna arrive gare de l’Est avec son mari, le poète Nicolas Goumiliov, en provenance de Saint-Pétersbourg. C’est probablement à la terrasse d’une brasserie de Montparnasse, ce quartier en plein chantier, que l’artiste et la poétesse se rencontrent. Fascination réciproque. L’un comme l’autre sont à l’aube de leur carrière (d’où le très beau titre du livre) : Anna n’a pas encore publié de recueil et Modigliani n’a pour ainsi dire rien vendu. Entre eux, un amour singulier, dont la nature reste mystérieuse : c’est leur secret. Et c’est avec pudeur et subtilité qu’Elisabeth Barillé évoque à la fois cette Rencontre (au sens fort) et l’irradiation qu’elle a sur leur vie : souvenirs, dessins, lettres… Un très beau contrepoint de la vie de deux des plus grands artistes du siècle dernier.

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