Littérature française

Jean-Luc Coatalem

Tête brûlée

✒ Nicolas Mouton

(Librairie Le Presse papier, Argenteuil)

Comment faut-il comprendre le titre du nouveau roman de Jean-Luc Coatalem ? Tête brûlée n’est-elle qu’une périphrase pour désigner un baroudeur, une vie faite d’engagements et de fuites violentes dans les guerres qui ont saigné le siècle ? Retiré en Bourgogne avec ses Balzac et sa peinture, Ronan Kerven n’a-t-il pas brûlé ses vaisseaux et ses ailes ? Le roman s’ouvre sur un souvenir d’enfance où Ronan apprend qu’il avait eu un frère ainé mort à 3 ans, Rony, qu’il « remplace ». À l’oreille, on entend déjà ce que le roman renie, et pourquoi Ronan n’aimera que les départs et les changements d’identités. La voix du narrateur chante aussi bien « la guerre et les armes » que la poésie des paysages et de la nature : il est double, tout de « vies parallèles », tout à la fois grec et romain, de courage et de blâme. Histoire fascinante d’un homme parti, sans le savoir, à la rencontre de lui-même.

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