Sciences humaines

Philippe Forest

Gais, innocents et sans cœur

✒ Nicolas Mouton

(Librairie Le Presse papier, Argenteuil)

Tandis qu’il travaillait à l’édition pour la Pléiade du Peter Pan de James Matthew Barrie, Philippe Forest a entrepris un texte plus personnel, tenant autant d’une réflexion sur la littérature que d’une introspection qui ne cesse, de livre en livre, de forger une éthique, et finalement un chant d’amour. De la mort de sa fille Pauline, L’Enfant éternel (1997), il a fait le cœur de sa création, et réinterroge aujourd’hui le chemin parcouru jusqu’à Gais, innocents et sans cœur, fin de la dernière phrase de Peter Pan. Quel sens donner à cette histoire, ou plutôt cette fable ? Il remarque que ni l’auteur ni le lecteur n’en possèdent la clé, à l’image de son célèbre incipit : « Tous les enfants sauf un grandissent », titre de son essai de 2007. Dans une prose splendide, il montre que les contes n’ont jamais de fin, et le temps a sa loi que la fable aide à supporter. Dans ce roman il lit le sien, avec par-dessus l’épaule, le songe de Pauline.

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