Dossier Mon livre de haïkus de Jean-Hugues Malineau

Par Mélanie Mignot, Librairie Le Grand Cercle, Éragny-sur-Oise

Cette année, le Japon est à l’honneur au Salon du livre de Paris. Beaucoup d’auteurs et d’illustrateurs seront invités à discuter de leurs œuvres. Les maisons d’édition de littérature jeunesse nous offrent donc à cette occasion plusieurs ouvrages. Des illustrateurs, de la poésie et même une leçon de vie.

Le Japon est longtemps resté coupé du monde, figé dans son passé et ses traditions, jusqu’à ce qu’au XIXe siècle, le commodore Perry ne contraigne son gouvernement à ouvrir ses frontières au commerce. Puis, sous l’impulsion d’un souverain moderniste, le Japon va connaître une métamorphose fulgurante. L’archipel est aujourd’hui l’un des principaux centres industriel et technologique mondial, mais c’est aussi une nation d’artistes, d’écrivains et d’intellectuels de premier plan. La création artistique, qu’elle se situe dans le design, le stylisme, l’illustration, la musique, la littérature… reste un aspect prédominant de la constitution et des mœurs japonaises. Mon livre de haïkus (Albin Michel Jeunesse) en témoigne. Le haïku est un poème de trois vers qui décrit ce que ressent son auteur en contemplant une goutte de rosée du matin sur une fleur de cerisier, ou la lune au crépuscule dans un ciel brumeux. Le haïku se présente comme une leçon de vie, une invitation à regarder le monde et ses merveilles, ces choses magnifiques que nous avons presque un devoir de contempler parce qu’elles sont l’essentiel. Tel un cliché photographique, le haïku capture l’instant présent par la grâce des mots. Cette philosophie du moment date de la période des samouraïs et du bushidô, le code de conduite des guerriers, qui rappelle que « la vie [est] dans chaque soupir ». Mon livre de haïkus se présente comme un florilège de haïkus sur les saisons, les animaux, la nature… Il indique également la voie pour composer ses propres poèmes. Le Japon, c’est aussi vivre en harmonie avec la nature, s’adapter aux changements, se remettre sur pied, même après une catastrophe naturelle telle qu’un tsunami, voilà aussi ce qui fait la force de ce peuple et de ses artistes. C’est ce que nous proposent de constater les éditions Nobi-Nobi ! avec La Maison en petits cubes de Kunio Katô et Kenya Hirata, qui relate l’histoire d’un vieux monsieur habitant une ville inondée et qui, de ce fait, est contraint d’élever sans cesse une nouvelle maison sur le toit de la précédente pour éviter la noyade. Un jour, ses outils lui échappent et tombent dans l’eau. Il plonge pour les récupérer et en s’enfonçant dans les profondeurs, il explore les souvenirs conservés par chacune de ses anciennes maisons. Enfin, pour clore ce tour d’horizon de la production nippone destinée à la jeunesse, Plic, Plac, Ploc (Didier Jeunesse) texte minimaliste qui consiste à répéter cette onomatopée pour évoquer la pluie qui tombe et les gouttes qui se multiplient jusqu’à créer un kaléidoscope de dessins.

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