Chronique Parlez-moi d’Anne Frank de Nathan Englander

  • Nathan Englander
  • Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Elisabeth Peellaert
  • Coll. «Coll. « Feux croisés »»
  • Plon
  • 28/03/2013
  • 220 p., 21 €

Aurélie Paschal Librairie Prado Paradis (Marseille)

Les nouvelles qui composent le nouveau recueil de Nathan Englander s’avèrent toujours aussi décapantes et promptes à ruer dans les brancards de la bonne conscience contemporaine.

L’univers de prédilection de Nathan Englander, c’est la communauté juive américaine. Or, la première nouvelle – qui donne et son titre et son ton au recueil – se déroule justement au sein de ce milieu. Deux couples d’amis dînent ensemble. Les deux femmes ont été amies durant leur enfance, mais chacune a évolué différemment. D’un côté, un couple juif très pratiquant qui vit en Israël avec ses dix enfants – ils ont même changé leurs prénoms trop américanisés à leur goût –, de l’autre un couple qui a choisi d’être avant tout américain, s’épanouissant dans un matérialisme et un hédonisme totalement décomplexés. Leur dîner de retrouvailles, après des années sans se revoir, se transforme en choc vertigineux des cultures et des perceptions. Les autres nouvelles sont tout aussi décapantes. Nathan Englander manie avec un égal brio l’art du dialogue. Chaque répartie sonne juste, tombe toujours à point nommé. Son ton corrosif, jamais politiquement correct, souvent provocateur, fait le délice du lecteur. Les personnages sont hauts en couleur, chacun est si clairement brossé que l’on a l’impression de les connaître et de les côtoyer dans la vie réelle. Même si vous n’aimez pas lire des nouvelles, lisez celles de Nathan Englander, vous ne pourrez plus vous arrêter.

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