Chronique Le Ravissement des innocents de Taiye Selasi

AURÉLIE PASCHAL, Pigiste ,

Kweku est un homme d’une cinquantaine d’années. Nous le suivons durant sa promenade matinale et, dès la première ligne, nous savons qu’il va mourir d’une crise cardiaque. Comment l’imminence de cette fin peut-elle avoir échappé à l’illustre chirurgien qu’il était, comment n’en a-t-il pas perçu les signes avant-coureurs ? Pourquoi ne pas avoir demandé de l’aide, alors que les membres de sa famille dormaient à quelques mètres de lui ? Comment « un chirurgien exceptionnel » peut-il mourir d’un « banal infarctus », se demande son fils ? Qu’a-t-il fait durant les quarante minutes qui le séparaient des premiers signes de la mort pour ne pas se rendre compte du destin qui l’attendait ? Perdu dans ses pensées, contemplant la beauté de la nature, il se souvient du passé et, à chaque souvenir douloureux, son cœur se brise, au sens propre comme au figuré. Il revient sur cette vie où les drames s’accordent avec les joies, où les naissances font écho aux décès. Un roman sensible, où la beauté de la langue fait face à la dureté des propos.

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