Chronique L'Aiguillon de la mort de Shimao Toshio

Par Dominique Paschal, Librairie Prado Paradis, Marseille

Durant dix-sept ans, Shimao Toshio a nourri ce roman autobiographique de ses conflits conjugaux. Le ton distancié magnifie cette matière littéraire à fleur de peau.

La porte de la maison fermée constitue le premier indice de la crise conjugale prête d’éclater. L’écrivain, mari volage très habitué à son indépendance, découvre avec effroi que son bureau a été renversé, son journal intime ouvert. Reprenant dans l’Épître de Saint Paul aux Corinthiens la parabole de l’aiguillon de la mort – « c’est le péché et la puissance du péché, c’est la Loi » –, il sait que le peu de cas qu’il accorde au vœu de fidélité est désormais connu de sa femme. Durant trois jours, devant leurs jeunes enfants, le couple démêle ou tente de démêler le vrai du faux. Ils ne dorment plus, n’assument plus leurs rôles de parents, s’exténuent mutuellement en se fouillant, en se déchirant, en tentant d’extraire des tréfonds de l’autre une improbable vérité. La trahison, le pardon, le remords, la rédemption jaillissent de cette mise à nu. Shimao Toshio nourrit son journal des détails sordides ou malicieux, impudiques et grossiers de scènes conjugales violentes. Des crises d’hystérie de Miho se transforment en maladie psychique sur des années de déchirements. Et le lecteur reste pantois d’être resté enfermé dans cet enfer.

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