Chronique Au nord du monde de Marcel Theroux

DOMINIQUE PASCHAL, Pigiste ,

Au Nord du monde est un roman de science-fiction bâti comme un « western » débridé où l’humanité marche vers l’Arctique ; c’est aussi une chevauchée naturaliste.

Dès les premières pages, la tension apparaît, l’heure est grave. Makepeace, shérif d’une ville déserte, repère un voleur dans une maison vide ; il tire et blesse le cambrioleur, un Chinois. L’un fait respecter la loi et l’autre cherche des matériaux pour se chauffer. La Sibérie connaît encore des hivers rigoureux même si le dérèglement climatique les rend plus doux. Le shérif descend d’une famille de colons américains. L’époque n’est pas si éloignée de la nôtre : en effet, des communautés religieuses ou écologistes ont répondu à l’appel du gouvernement russe pour cultiver la Sibérie, une région déserte, peu accueillante. Ces hommes ont fait un retour aux origines, pensant créer un Eden loin de la société de consommation qu’ils haïssaient pour se consacrer uniquement à la chasse et à la récolte. Rousseau à l’épreuve de la Sibérie ? C’était sans compter sur une planète chauffée à blanc et ses guerres fratricides ou nucléaires dans le monde. Ce monde idéal subit la dérive lente mais inexorable de populations prêtes au meurtre, au vol pour survivre une journée de plus. Ces villes idéales n’ont pas résisté longtemps. Quand un avion passe dans le ciel, le shérif interprète ce son comme la persistance de la civilisation.

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