La vie du libraire Jean-Marie David-Lebret

Comment et pourquoi êtes-vous devenue libraire ?

Jean-Marie David-Lebret  Si j’ai d’abord étudié le droit, ma passion pour les livres a vite repris le dessus. Depuis l’adolescence, je fréquente les salons littéraires, je collectionne les ouvrages et je vais à la rencontre des auteurs. Réorienter ma carrière vers les métiers du livre s'est donc imposé comme une évidence. Pour moi, les librairies ont toujours été des lieux habités et inspirants. Choisir d'y travailler, c'était d'abord le besoin d'être au plus près de l'objet-livre et de son univers. Mais au-delà de ce plaisir, ce métier prend tout son sens dans la transmission et le partage avec les clients : écouter leurs envies, échanger sur nos coups de cœur et dénicher le livre parfait pour un moment précis de leur vie. Enfin, ma plus grande satisfaction reste la joie d'éveiller les plus jeunes à la lecture : susciter leur curiosité, nourrir leur imaginaire et leur transmettre, dès le plus jeune âge, le goût des histoires.

 

Racontez-nous une anecdote amusante avec un client.

 

J-M.D.L Lors d’un salon du livre, un lecteur a parcouru plusieurs centaines de kilomètres juste pour rencontrer une autrice sur notre stand. L'alchimie a tellement bien pris que, lorsqu'est venu le moment de repartir, l'autrice m'a simplement tendu son billet de train... pour repartir avec lui ! Ils ont vécu une magnifique histoire d'amour. Preuve qu'en librairie, en plus de conseiller des romans, il nous arrive aussi de provoquer des passions ! Une autre fois, c'est l'illustrateur du célèbre Gruffalo, Axel Scheffler, qui est entré incognito alors qu'il passait ses vacances dans la région. Alors que nous discutions, une cliente un peu impatiente est venue nous interrompre... Il s'agissait simplement de sa femme !

 

Quel est le premier livre de votre bibliothèque que vous allez rouvrir ?

 

J-M.D.L J'ai une telle pile de livres à découvrir que je consacre finalement très peu de temps aux relectures. Ce qui ne m'empêche pas, paradoxalement, de racheter un livre que j'ai adoré simplement parce qu'il ressort dans une nouvelle édition ! Mais s'il fallait vraiment n'en rouvrir qu'un, ce serait sans hésiter L'Été meurtrier de Sébastien Japrisot. C'est un roman d'une virtuosité folle. La construction mêlant plusieurs points de vue, le travail d'orfèvre sur la langue et cet équilibre parfait entre l'humour et un sens aigu de la tragédie en font une lecture brillante et inoubliable.

 

Les coups de cœur du libraire

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