Chronique Une seconde vie de Dermot Bolger

Par Géraldine Huchet, Librairie Le Comptoir des mots, Paris 20e

Publié une première fois en 1993, puis remanié en 2010 par l’auteur, ce très beau roman sur l’adoption paraît aujourd’hui en France : lecteurs sensibles, sortez vos mouchoirs !

Point de pathos ni de voyeurisme, mais une telle dose d’émotion qu’on ne peut que se sentir bouleversé en lisant ces pages. Le roman s’ouvre sur la scène (envoûtante) d’un accident de voiture, celui de Sean Blake, photographe amoureux de sa femme et heureux père de deux jeunes enfants. Il en réchappe mais, cliniquement mort durant quelques secondes, il a des visions et se sent différent à son réveil, comme si une seconde vie s’offrait à lui. Des lieux et des personnes qu’il n’avait jamais vus auparavant lui apparaissent, il se sent déprimé et ne supporte plus sa vie actuelle. Il décide alors de se pencher sur son passé occulté : à six semaines, il avait été retiré à sa mère biologique, jeune fille forcée par la société bien-pensante et catholique (nous sommes alors dans l’Irlande rurale des années 1950) de le confier à l’adoption. Alternant les points de vue de Sean enfant puis adulte, et de sa mère marquée à jamais par cet enfant « perdu », Dermot Bolger fait preuve d’une grande sensibilité en nous emmenant hors des chemins balisés (pas de retrouvailles attendues ici), et surtout en levant le voile sur ces filles-mères persécutées par les religieuses (le cinéaste Peter Mullan a également réalisé un grand film il y a dix ans sur le même sujet, The Magdalene Sisters).

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