Chronique Quatre jours en mars de Jens Christian Grøndahl

Par Géraldine Huchet Librairie Coiffard (Nantes)

Qu’avons-nous fait de notre jeunesse ? Les meilleures années appartiennent-elles nécessairement au passé ? Ce sont ces graves questions qui occupent l’esprit de la nouvelle héroïne de Grøndahl.

Mais comment fait-il ? Quel est donc le secret de Grøndahl, auteur vedette au Danemark, pour si bien parler des femmes ? Après le portrait très réussi de Sonja, héroïne ambiguë des Mains Rouges (Folio), le voilà qui s’attelle, sur plus de 400 pages, à la figure d’Ingrid Dreyer qui va, sur quatre jours, dresser le bilan de son existence. Doux-amer, le bilan, pour ne pas dire pire ! Cette durée ramassée pourrait sembler artificielle. Il n’en est rien, bien au contraire : elle agit plutôt comme un révélateur. Cette femme, mère divorcée d’un adolescent à problèmes, reçoit, juste avant de négocier un contrat important, un appel de la police lui apprenant que son fils vient d’être arrêté pour s’être acharné sur un jeune immigré. Dès lors, son monde s’écroule. Au pays d’Andersen et de Kierkegaard, on ne rit pas tous les jours. Le froid de Copenhague et de la campagne environnante semble influencer les comportements. Et pourtant, par moments, la chaleur d’un sourire ou le souvenir d’une nuit d’amour semble redonner vie à cette ronde de personnages, et au principal d’entre eux, Ingrid. Grøndahl fait partie de ces écrivains pour qui le quotidien recèle une densité romanesque capable de transfigurer le banal.

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