Chronique Le Lent Sourire de Caterina Bonvicini

  • Caterina Bonvicini
  • Traduit de l'italien par Lise Caillat
  • Coll. «Coll. « Du Monde entier »»
  • Gallimard
  • 08/09/2011
  • 288 p., 20.50 €

HUCHET GÉRALDINE, Librairie LE COMPTOIR DES MOTS, Paris

Amis depuis l’adolescence, des trentenaires italiens voient leur existence bouleversée à la mort de l’une d’entre eux. Une méditation tragi-comique sur le sens de la vie.


L’idée de départ pourrait faire craindre le pire : on diagnostique à Lisa, enceinte de son premier enfant, une tumeur (maligne) au cerveau ; ses amis vont l’accompagner jusqu’à sa mort, en clinique de soins palliatifs. Sauf que l’auteure est douée et qu’il n’y a aucun pathos dans cette merveilleuse histoire d’amitié. Au contraire, c’est un roman revigorant où, malgré le sujet tragique, on rit souvent derrière les larmes. Les dialogues sonnent très juste, et l’amitié exceptionnelle qui lie Lisa à Clara, la narratrice, est magique. Des premières amours aux virées en vespa, des fous rires aux tristesses partagées, on revit avec émerveillement leurs plus belles années. Bonvicini décrit tout cela avec une justesse incroyable, au point de donner au lecteur l’impression de connaître intimement les personnages. L’apprentissage du deuil, notamment, se fait lentement, par l’intermédiaire de discussions avec un vieux chef d’orchestre vaniteux et égocentrique, venu accompagner sa jeune épouse mourante dans cette même clinique. Émouvant et lumineux, ce portrait de groupe très cinématographique est une petite pépite inoubliable qui défie allègrement la mort : « ... parce que la vie te pousse à aller de l’avant, même là où tu ne penserais jamais arriver ».

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