Chronique Black Mamba Boy de Nadifa Mohamed

  • Nadifa Mohamed
  • Traduit de l’anglais (Somalie) par Françoise Pertat
  • Phébus
  • 01/09/2011
  • 288 p., 21 €

HUCHET GÉRALDINE, Librairie LE COMPTOIR DES MOTS, Paris

On ne lit pas tous les jours des 
premiers romans bien écrits, foisonnants, ambitieux, drôles et captivants : Black Mamba Boy est de ceux-là ! Laissez-vous envoûter par la langue de cette jeune 
auteure somalienne.

Écrit en anglais, ce très beau roman est fortement inspiré de la vie (assez incroyable) du père de l’auteure. L’histoire débute à Aden, au Yémen, en 1935. Jama est un enfant des rues qui passe son temps à jouer et à commettre de menus larcins en compagnie de ses deux meilleurs amis, d’ethnie et de religion différentes. Son père a disparu très vite, quant à sa mère, malgré la misère, elle croit fortement en la destinée prodigieuse de son fils. Un énorme serpent, le mamba noir, ne s’est-il pas lové sur son ventre peu avant la naissance de l’enfant ? À la mort de sa mère, usée par la maladie, il est emmené par sa famille au Somaliland, d’où il s’enfuit rapidement pour tenter de retrouver son père qui serait, dit-on, au Soudan. La quête pourrait sembler classique, mais il existe au moins deux raisons de suivre sans hésiter le jeune homme sur les traces de son géniteur. D’abord, le périple : Abyssinie, Érythrée, Soudan… et puis la suite, Égypte, Palestine, jusqu’au Pays de Galles ! Voilà qui n’est pas banal ; chaque pays traversé, chaque frontière franchie apporte son lot de rencontres et d’espoirs souvent déçus, mais voit Jama repartir de plus belle, le désir chevillé au corps. Et puis il y a l’époque, les années 1936-1947, en Afrique, dans des pays ravagés par la guerre que se livrent l’Angleterre et l’Italie par colonies interposées – deux nations qui n’hésitent pas à enrôler de force des enfants dans leurs troupes. Mais cette histoire, même passionnante, ne serait rien sans la langue magnifique qui la conte. Un souffle magique qui emporte tout sur son passage. Et il en faut pour raconter le parcours rocambolesque et plein de dignité de cet enfant devenu marin, qui, fidèle à lui-même, se fera tatouer un magnifique mamba noir. « La douleur fut extrême, le feu se répandit dans ses veines et rongea ses os (...) Jama était devenu un homme d’expérience : son totem était dorénavant gravé à l’eau-forte dans sa peau comme marque de ses aventures et des épreuves auxquelles il avait survécu ». Une épopée magnifique.

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