Chronique Barracuda de Christos Tsiolkas

  • Christos Tsiolkas
  • Traduit de l’anglais (Australie) par Jean-Luc Pinigre
  • Coll. «Coll. « Domaine étranger »»
  • Belfond
  • 20/08/2015
  • 464 p., 22 €
NULL

Après le succès de son précédent roman La Gifle (10’18), voici le grand retour de Christos Tsiolkas. À travers l’histoire de Danny, gamin étouffé par la honte et se heurtant à ses propres limites, l’auteur grec dresse un portrait radical de l’Australie d’aujourd’hui.

Danny vit dans un quartier pourri de Melbourne avec une mère extravagante d’origine grecque, un père australien souvent absent, son frère et sa sœur. Pour échapper à sa condition misérable, à sa famille et à son corps qui l’encombre, Danny décroche une bourse pour devenir un espoir de la natation australienne. En intégrant ce lycée privé, lui, le fils d’immigré veut prouver à tous qu’il peut y arriver : devenir le meilleur pour changer de vie. Enchaîner les longueurs, écouter les conseils du coach, se lever à quatre heures du matin… et échouer. Danny passera à côté de ses rêves. Submergé par la violence qui est en lui, il va commettre l’inimaginable. Tout au long du roman qui couvre seize ans de sa vie, de Melbourne à Glasgow, on le connaît sous les noms de Danny, Dan, Dino et Barracuda, un surnom inspiré par sa puissance impitoyable dans l’eau. Mais les diverses appellations reflètent bien l’identité instable du nageur, qui souffre à la fois d’une différence de classe sociale et d’une confusion sexuelle. Année 2000, ouverture des Jeux Olympiques à Sidney. Danny ne fait pas partie de l’équipe. C’est en tant que spectateur, imbibé d’alcool et de haine qu’il y assiste. Tout ce qu’il a subi durant son enfance ressurgit. Dans cette scène mémorable du roman, Tsiolkas a voulu mettre en avant l’image de son pays et des Australiens : leurs relations avec les Aborigènes et les immigrés, le racisme, le manque d’ouverture d’esprit. Alternant les flash-back, l’auteur dresse un portrait poignant d’un gamin qui tente, malgré tout, de se reconstruire. Servi par une écriture impulsive et rageuse, on retrouve au sein de ce roman les thèmes du racisme, de la violence, du poids de la famille, déjà abordés par l’auteur. Un livre magnifique et bouleversant.

Delphine Bouillo Librairie M’Lire (Laval)

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@