Entretien Lulu la mouette de Flavie Flament

Betty TROUILLET (Cultura - 11000 Carcassonne)

Flavie Flament, animatrice bien connue des auditeurs de RTL, publie son premier album jeunesse chez Mango, en collaboration avec Pascal Lemaître, célèbre illustrateur de presse adulte et enfantine. Lucette la mouette, née à Trouville, aurait fait la fierté de ses parents. Mais voilà, elle est née avec de grandes pattes rouges et une mèche rebelle. Alors à l’école des petits Mouettons, tout le monde se moque d’elle. Lasse de toutes ces railleries et quolibets, Lucette décide de devenir Lulu et sera la terreur de Trouville. Elle se vengera en faisant caca sur tous ceux qui lui posent problème. Dès que quelqu’un la contrarie, elle s’en donne à cœur joie et signe de son magnifique caca en L les voitures et les passants… et, même pendant le festival de Deauville, les décolletés et les chignons des stars de cinéma. Puis un jour débarque Armand le goéland. Il en jette. Lulu tombe éperdument amoureuse. Un texte drôle et amusant, rehaussé par le coup de crayon vif et cocasse de Pascal Lemaître. 

 

Page — Ce premier album pour enfants, drôle et émouvant à la fois, aborde la différence et l’exclusion. Comment l’histoire a-t-elle débuté ?
Flavie Flament — Lulu est née d’un éclat de rire ! Celui de mon fils, alors âgé de 5 ans, que j’avais voulu protéger d’une pluie imaginaire de caca quand une mouette passait au-dessus de nos têtes. Sa réaction avait été telle que je m’étais prise au jeu de lui raconter une « vraie » histoire. Le personnage de Lulu est venu à moi naturellement. Je la voulais canaille, mais au cœur tendre, comme ces gamins un peu perdus qui donnent des coups de pied dans des canettes et qui ne demandent qu’à être aimés. C’est comme ça aussi qu’est né Armand !

P. — On sent une belle complicité entre le dessin et le texte dans les scénettes de l’histoire. Comment s’est passée votre rencontre et comment avez-vous travaillé ensemble pour donner à cet album toute sa vivacité ?
F. F. — Je tenais tellement à cette histoire que je ne voulais pas me voir imposer un illustrateur. Il fallait une véritable rencontre. Alors j’ai feuilleté des livres pour enfants à la bibliothèque de Trouville. Et là, j’ai découvert Pascal (Lemaitre). Son trait m’a tout de suite séduite. Fin, surprenant, insolent. Il me fallait le rencontrer absolument ! J’ai sauté dans un Thalys pour Bruxelles, on a bu un thé. Il a découvert l’histoire et Lulu est devenu « notre bébé » ! Ça a été du domaine de l’évidence. Je lançais les pistes de mon imaginaire et paf ! Magie! Pascal allait au-delà de mes rêves !
Pascal Lemaitre — Flavie est venue vers moi avec une histoire et un casting d’acteurs comme références pour les héros. Le gros corbeau est inspiré de Marlon Brando dans Sur les quais, par exemple. Nous avons eu de longs échanges téléphoniques sur l’aspect des personnages et l’esprit du livre, et aussi les personnes réelles de Trouville que Flavie souhaitait voir apparaître dans les pages. Après une mise au point des caractères principaux, j’ai fait un premier rough du livre qui a été travaillé avec Flavie et la directrice artistique de Mango, Marion de Rouvray. Flavie a peaufiné le texte en regard des images et on a avancé vers une deuxième mouture de croquis avant de passer aux dessins définitifs. Pour l’anecdote, il y a eu de longs échanges sur le look d’Armand avec mèche crantée ou pas. Flavie et moi connaissons bien Trouville et allons chez le même épicier cité dans le livre. L’histoire débute par une référence à Savignac et se clôt aux Roches Noires, où a vécu Marguerite Duras. Le texte et les dessins sont sous-tendus par des références à des lieux et des émotions secrètes bercées par la mer. C’est pour cela que je pense que ce livre fera son bonhomme de chemin et nous conduira peut-être vers d’autres aventures, dont Flavie détient la clef.

P. — J’ai adoré le personnage d’Armand, crooner et beau séducteur qui fait pâlir toutes les mouettes de Trouville, un clin d’œil peut-être ?
F. F. — Armand a été le plus difficile à trouver. Je l’imaginais viril, avec la préciosité d’une certaine bourgeoisie qui porte des mocassins pastel et noue ses pulls en cachemire sur les épaules. Mais il n’y avait que Pascal pour réussir à le dessiner sans artifices. Lulu et Armand ne sont pas du même monde. Elle vient d’un milieu populaire, lui est un brin aristo. Mais tous deux ont un bon fond.

P. — Je suis comme les enfants, curieuse et impatiente de savoir si Lulu et Armand vont avoir de nouvelles aventures dans un prochain album ?
F. F. — Lulu et Armand viennent à peine de se rencontrer. Ils ont une belle et longue vie devant eux…

 

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