Chronique Écrits intimes de Clément Rosset

En 1973, Clément Rosset s’installe à Nice. Clarté de la lumière et bleu brûlant°: le philosophe est sur les pas d’un autre, Friedrich Nietzsche. Il se met à écrire des récits étranges et happés par l’obsession. Un retour sur les mêmes thèmes, mais le tout crypté, flanqué des pesanteurs du masque. Écrits intimes donc mais en forme de guet-apens. Car rien, en apparence, n’est ici personnel. Aucunes anecdotes, pas de monologues concassés par l’émotion ni de vérités à dire. Lecteur de Nietzsche, Rosset se méfie du vrai. Avec style, il s’en amuse et s’en éloigne dans des récits absurdes dignes de Kafka. Un détail peut mener royalement vers la folie°: dans un des textes, c’est une mouche qui se charge de signifier la porosité entre la raison et la démence. Ailleurs, la paranoïa dilue les situations pour en faire des poisons féroces. La joie et le rire côtoient de près la noirceur, comme dans L’Homme-Jasmin d’Unica Zürn. C’est beau et troublant, en somme. Les premiers pas vers l’intime.

Lyonel Sasso Librairie Coiffard (Nantes)

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