Chronique Aperçues de Georges Didi-Huberman

Autoportrait égotiste et passionnant, sous forme de fragments, de l’un de nos penseurs les plus insaisissables.

Lecteur attentionné de Fernando Pessoa, Georges Didi-Huberman s’est attelé à archiver les fragments d’un journal, à les restituer, les monter afin d’établir un instantané de sa mémoire. Et comme chez Pessoa, cette mémoire parcellaire oscille entre le trouble et la précision. C’est souvent, dans les souvenirs personnels que Georges Didi-Huberman perd en clarté. Trop proche de la source biographique, le philosophe se fait secret. On retrouve, au final, son intime dans ses considérations concernant Walter Benjamin. C’est en passant par une image représentée d’autrui que Didi-Huberman se confit. Un des amis de Georges Didi-Huberman, relevant l’appréhension qu’a le philosophe à parler de lui-même, lui rappelle l’interprétation lacanienne de son propre prénom: « je-hors-je ». Le surgissement est une des réflexions qui constitue cet ouvrage. Surgissement d’une image, d’un amour, d’une passion ou d’une colère. Et tout cet amas d’impressions fabrique une pensée. On retrouve les obsessions de Didi-Huberman : l’éphémère et le constant, Aby Warburg, Charles Baudelaire, Jonathan Crary et la poésie de Paul Celan. Passionnant portrait fragmenté que l’on reconstitue, au fil de la lecture, comme un puzzle. Un puzzle sans modèle précis.

Lyonel Sasso Librairie Coiffard (Nantes)

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