Chronique Couché de David Whitehouse

  • David Whitehouse
  • Traduit de l'anglais par Olivier Deparis
  • Coll. «Coll. « Feux croisés »»
  • Plon
  • 26/11/2020
  • 19 p., 50 €

Virginie Lannoy Librairie Majuscule, Armentières

Un texte fort, dérangeant, un premier roman original, remarquable par sa qualité d’écriture. Avec Couché , David Whitehouse fait entendre, petit à petit, le cri d’une famille en plein désarroi.

Malcolm, dit Mal, n’était déjà pas un enfant comme les autres ; idolâtré par sa mère, il exaspérait son père en provoquant d’homériques disputes familiales. Son plus grand plaisir, par exemple, consistait à se déshabiller en public et à se promener tout nu. Jamais il n’a tenu compte des règles de la vie ordinaire. Son frère Ted, de deux ans son cadet, souffre depuis l’enfance de l’aura de Malcom. La vie suit son cours, les garçons grandissent auprès d’une mère qui leur est entièrement et exclusivement dévouée, et à distance d’un père absent, au sens propre comme au figuré. Celui-ci a subi quelques années plus tôt un accident dans une mine dont il supervisait la construction et qui coûta la vie à de nombreux ouvriers, plongeant dans le deuil des dizaines de familles. Aujourd’hui, Mal a un travail, un appartement, une fiancée qui veut un bébé… Puis un jour, tout bascule. Il a 25 ans, il rentre chez lui, il se couche… pour ne plus jamais se relever. À travers le regard de Ted, on assiste à la transformation de Mal, à celle d’un homme qui mange à longueur de journée, qui engloutit inlassablement de la nourriture, jusqu’à s’y perdre, jusqu’à ce que manger se transforme en une spirale infernale. Après vingt années d’inactivité, Mal devient l’homme le plus gros du monde, et sa monstruosité un objet de convoitise pour les curieux, journalistes et particuliers qui l’abreuvent de courrier presque autant qu’il se gave d’aliments. Progressivement, par petites touches, l’auteur lève le voile sur les secrets familiaux, tente de faire la lumière sur les origines de l’étrange mal. Alors son énigmatique histoire apparaît pour ce qu’elle est, une allégorie du don.Le roman de David Whitehouse, grave et désopilant, absurde et triste, déborde surtout d’amour et de tendresse. David Whitehouse est né en 1981, il écrit principalement pour la presse et réalise des courts métrages. Un auteur à suivre de près !

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