Chronique Bezimena de Nina Bunjevac

Alexandra Villon Librairie des Marais (Villefranche-sur-Saône)

Après Fatherland (Ici même), l’artiste canadienne propose dans sa nouvelle bande dessinée une réécriture très libre et engagée du mythe de Diane et Actéon, porteuse d’une dénonciation qu’on ne dévoilera pas – elle l’explique en postface. Ce triptyque stylistique – à la fois récit érotique, conte cruel et polar psychologique – plonge le lecteur dans l’intimité d’un délinquant sexuel. L’histoire se déroule devant ses yeux d’homme, adulte devenu grand méchant loup, prédateur qui observe les femmes par les trous de serrures. Le graphisme est saisissant de beauté et de perfection : la précision des traits rivalise avec l’art de la photographie et la noirceur de l’encre finit de colorer d’obscurité cette sinistre histoire qui a la semblance d’un érotisme fantasmatique. Nina Bunjevac finit par lever le voile, opérant un tour de force scénaristique osé et choquant qui plongera le lecteur dans une tout autre histoire, respirant peu à peu les odeurs méphitiques du sang et de la mort

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