Littérature française
Emmanuelle Pirotte
L'Étreinte des siècles
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Emmanuelle Pirotte
L'Étreinte des siècles
Le Cherche midi
08/01/2026
336 pages, 21 €
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Chronique de
Jean-Baptiste Hamelin
Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu) -
❤ Lu et conseillé par
4 libraire(s)
- Laurence Behocaray de I.U.T. Carrières sociales, Université (Tours)
- Muriel Gallot de L'Intranquille (Besançon)
- Bertrand Lesausse de Coiffard (Nantes)
- Léann Perchec de L’Aquarium (Houilles)
✒ Jean-Baptiste Hamelin
(Librairie Le Carnet à spirales, Charlieu)
Ample et ambitieux roman, L’Étreinte des siècles confirme, une nouvelle fois, le talent et la rigueur d’Emmanuelle Pirotte, écrivaine historienne emportant le lecteur vers des rives littéraires.
Bénedict – Ben pour les intimes – est professeur d’archéologie à Glasgow, professeur fatigué d’un quotidien routinier entre des étudiants sans saveur et une épouse qui peint des galets en attendant le courage de le quitter. Alors reste son chat Gandalf et l’île d’Arna où il puise, dans la solitude et la beauté des éléments, le réconfort nécessaire pour s’inventer un avenir îlien sauvage. Pourtant l’énergie renaît quand il découvre un tertre non naturel, protection possible d’une sépulture ancienne. Relevant le défi, il sollicitera et obtiendra une bourse afin de démarrer des fouilles sur ce bout d’île. De cette tombe émergeront une femme, un bébé, un homme, un chien, un cheval et des objets. Alors le récit prend tout son envol et Emmanuelle Pirotte, avec une diabolique précision, fait revivre Ragnhild Kettilsdottir, prêtresse viking reniée par son peuple pour ses choix courageux. La narration alterne alors entre notre contemporain écossais et l’emploi du « il » et ce passé, plongée fantastique dans le quotidien du puissant peuple viking, entre violentes coutumes et soif de sang, entre divinités, véritables guides spirituels et respect des lois de la nature. Ragnihild, à la première personne du singulier, pour plus de proximité malgré les siècles nous séparant, nous conte son périple avec une force transcendante. Un fil relie Ben à Ragnihild, ce fil, au départ ténu, devient vecteur de transmission, l’un ressentant l’autre, la prêtresse ayant devinée que des siècles après une personne viendrait la découvrir, lui permettant enfin de trouver la paix intérieure. Ben, quant à lui, entend cette femme lui parler, comprend que le lien est plus fort et se resserre puis se questionne sur sa responsabilité, sur cette mise à nu, sur cette violation de sépulture qui deviendra décorum de musée.