Chronique Mon père sur mes épaules de Metin Arditi

Lydie Baillie Librairie Aux Lettres de mon moulin (Nîmes)

Si la littérature est une merveilleuse machine à remonter le temps, pour Metin Arditi, elle est aussi une possibilité de procéder à la cérémonie du retournement de son père comme lors de cette fête malgache, qui consiste à exhumer un défunt pour l’honorer avant de le rendre à l’éternité. En songeant au bonheur qu’il éprouve aux côtés de ses filles, Metin Arditi lève le voile sur ses jeunes années. Une petite enfance à Istanbul dans un bonheur de conte d’Orient. Une vie d’une infinie douceur qui sera irrémédiablement brisée lorsque, au lendemain de ses sept ans, le petit Metin est amené dans un internat en Suisse à plus de 2 000 kilomètres de sa famille. Pendant onze longues années, il ne partagera que le seul mois d’août avec sa mère dans un hôtel. Si son père disait avoir le souci qu’il devienne un homme et que cette séparation représentait des sacrifices auxquels il ne consentait avec sa mère que pour son bien, le petit garçon ne pouvait éprouver qu’un horrible sentiment d’abandon et de solitude. Un enfant qui ne cessera de chercher ce besoin de reconnaissance qu’il ne trouvera jamais dans les yeux de son père, même adulte.

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