Chronique Le Camp des autres de Thomas Vinau

Lydie Baillie Librairie Aux lettres de mon moulin (Nîmes)

Le Camp des autres : une pépite remplie d’humanité pour faire face à la violence de notre monde ; des mots à partager pour redonner goût à la vie. Thomas Vinau, l’écrivain poète, offre la nature en refuge à ceux qui sont de nulle part.

Dans Le Camp des autres, il s’agit de rendre espoir à Gaspard, un gamin maltraité par son père. Un matin de grande violence, il fuit dans la forêt avec son chien. Mais Gaspard a froid et faim, il est blessé, épuisé. Un jour, il se réveille dans une cabane, avec un homme étrange à son chevet et son chien frétillant, confiant et heureux du réveil de son jeune maître. Cet homme se surnomme Jean-le-Blanc. Gaspard s’en méfie. Son allure de sorcier l’intrigue. Pourtant, Jean-le-Blanc soigne Gaspard, redonne du sens et de la chaleur à sa jeune existence alors qu’elle n’était que labeur et violence avec son père. Jean-le-Blanc lui apprend à déchiffrer la nature, il essaie de lui faire comprendre l’alchimie du monde, mais pour cela il n’aurait pas assez de toute une vie. Un matin, une bande de saltimbanques arrive à la cabane et négocie avec Jean-le-Blanc. Gaspard ne comprend pas qui ils sont. Parmi eux se trouve Sarah, une belle bohémienne qui attire Gaspard et qu’il sera tenté de suivre, un jour. Il partagera alors le quotidien de ceux de la « caravane à Pépère ». En 1906, cette caravane était une bande de rebelles (les insoumis de l’époque), des petits voleurs à la tire qui semaient la terreur dans les campagnes. Pour répondre à cette violence, Georges Clemenceau décide de créer une nouvelle police, Les Brigades du Tigre, ayant pour mission d’arrêter ceux que l’on appelle alors les Romanichels, nomades accusés de tous les maux. Certains, encore aujourd’hui, accuseront les Roms d’être incapables de s’adapter à nos modes de vies. Pourtant, la diversité culturelle n’est-elle pas la plus grande richesse de l’humanité ? Ce roman est un hymne à la liberté, un roman pour les sans-papiers, les sans-abri, les sans-patrie, comme le dit avec poésie Thomas Vinau, pour les oiseaux de passage.

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