Chronique Comment tu parles de ton père de Joann Sfar

Margaux Henin Libraire

Première rentrée littéraire pour Joann Sfar, qui signe un récit émouvant autour du père, figure tutélaire dont il s’est trouvé brutalement privé.

Il est des hommes pour qui le talent ne semble pas connaître de limites. Joann Sfar est de ceux-là. Tour à tour dessinateur, scénariste, réalisateur et romancier, ses productions sont toujours percutantes, brillantes et éclairées. Dans Comment tu parles de ton père, l’auteur change pourtant de registre en acceptant de se livrer, avec beaucoup de pudeur, sur l’homme qui l’éleva. Peu de temps après la mort de celui-ci, alors que la vie de l’artiste a repris de plus belle et qu’il se trouve en Grèce, il commence à ressentir une gêne oculaire. Les jours passent sans que le dessinateur ne constate une quelconque amélioration. Pis, sa vue se trouble. En consultant un spécialiste, le couperet tombe… le fils doit pleurer ! Il doit littéralement pleurer son père afin de se libérer de ces larmes et de cette tristesse qui le font souffrir, et recouvrer ainsi la vue. Joann Sfar choisit l’écriture comme processus de deuil… Si le point de départ du roman semble sombre, la plume agile de l’auteur brise net tout dolorisme. Son secret ? Cet humour qu’il manie depuis tant d’années avec virtuosité. En y ajoutant une belle dose de tendresse, Sfar signe certainement l’un de ses textes les plus émouvants et drôles.

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