Chronique La Grande Villa de Laurence Vilaine

Margaux Henin Libraire

Dans un texte très court, Laurence Vilaine dépeint le lien affectif si particulier qui l’unit à une maison d’écrivain située dans le Sud de la France. Magnifique.

« Peut-être faut-il des nuits comme celles-ci qui ne veulent pas du matin, parce qu’elles donnent le temps aux mots de dormir un peu et la chance de renaître. » Après y avoir séjourné une première fois, la narratrice revient quelques mois plus tard dans cette maison d’écrivain marseillaise. Elle y retrouve les lieux tels qu’elle les avait laissés, tels qu’elle les avait rêvés, avec une chose en plus : la perte douloureuse d’un être cher. Comment ne pas sombrer lorsque le moindre objet vous replonge dans le souvenir de ce drame ? Comment avancer lorsque l’on n’a plus les mots ? Les murs ont une mémoire que l’on ne soupçonne pas… Doucement, avec beaucoup d’habileté, ils obligent la narratrice à se souvenir des événements, à s’en délester. La lumière si particulière qui se reflète sur le bureau, la couleur des tomettes, la chaleur qui s’échappe des murs… autant de sensations qui permettent de renouer avec la vie, avec l’écriture. La Grande Villa conduit l’auteure sur le chemin du deuil, la forçant, avec une infinie délicatesse, à réfléchir à la notion d’écriture. Le résultat est sublime. Un récit qu’on lit la gorge serrée, ébloui par tant d’élégance et de poésie.

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