Chronique Robin des graffs de Muriel Zürcher

AUDE MARZIN, Librairie Le Point de côté, Suresnes

La nouvelle année commence fort en littérature jeunesse ! Que vous soyez sensible, rock’n’roll, dur à cuire ou complètement déjanté, vous y trouverez forcément votre bonheur. Les auteurs s’en sont donné à cœur joie, pour notre plus grand bonheur. Alors pour commencer, si vous avez besoin d’espoir et de retrouver foi en la bonté, Robin des graffs est LE livre à lire.

Voici plusieurs jours que Sam s’est lancé dans un grand projet : il « graffe » des couples d’animaux extraits d’un livre pour enfants sur l’Arche de Noé. Un livre particulier et cher à son cœur, car c’est celui que Gabrielle, sa meilleure amie partie brusquement, lui racontait quand il est arrivé au foyer après la mort de ses parents. C’est donc un message qu’il adresse à Gabrielle, lui disant : « Je ne t’oublie pas et je pense toujours à toi. » Il espère qu’une fois le projet arrivé à son terme, il pourra enfin tourner la page douloureuse de son adolescence en foyer et aller de l’avant. Il se rend au commissariat, comme il le fait très régulièrement, afin de prendre connaissance des éventuelles morts anonymes (ces SDF que personne ne réclame ni ne pleure), puis communiquer l’information à la chorale des « Copains d’abord », qui chante en leur mémoire au moment de l’inhumation. Mais il ne peut s’empêcher de monter dans le bureau de la redoutable commissaire en charge de l’enquête sur « Robin des Graffs », afin de prendre connaissance de l’avancée de l’enquête. Il se fait surprendre par un jeune lieutenant de police suspicieux. Heureusement pour lui, une petite fille arrive en courant, lui prend la main et se fait passer pour sa cousine afin de pouvoir sortir des locaux de la police. Une fois dehors, Sam veut ramener la petite « autoproclamée » Bonny-la-pirate aux policiers. Mais cette dernière ne l’entend pas de cette oreille. Elle écorche les mots compliqués autant que la vie l’a blessée. Elle est si touchante et attachante, que Sam ne peut se résoudre à se séparer d’elle et à la renvoyer à une vie qu’il devine difficile. Lui, format basketteur noir américain, et elle, petit cupcake multicolore, forment une association improbable qui attendrit les personnes qu’ils croisent. Mais arrivé chez lui, Sam se retrouve devant un cas de conscience. Garder la petite avec lui ne peut lui apporter que des ennuis et faire avorter son grand projet. Pourtant la petite sait se montrer convaincante. Elle l’a choisi comme famille, « cause qu’il est gentil ». Alors pas question de se séparer. Pendant ce temps au commissariat, c’est le branle-bas de combat. La petite fille de 5 ans devait être récupérée par un éducateur du foyer dans lequel elle était placée. Alors quand sa disparition est avérée, la commissaire se retrouve avec deux affaires très embarrassantes sur les bras. Ajoutez à cela la propriétaire et patronne de Sam, vieille dame revêche mais pas insensible, le père de la commissaire, avocat volage mais efficace, une boulangère amoureuse, une sans domicile bien maligne et une voisine bavarde, et vous aurez les ingrédients d’un roman formidable. Les chassés-croisés entre les personnages les rendent attachants. On rit, on pleure, on découvre la vie et, surtout, on prend ses responsabilités. Tout cela est écrit dans un style vif et enlevé, donnant un texte fort en émotions et plein d’espoir.

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