Chronique Petits oiseaux de Yoko Ogawa

  • Yoko Ogawa
  • Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
  • Actes Sud
  • 03/09/2014
  • 272 p., 21.80 €

Sandrine Maliver-Perrin Librairie Sauramps (Montpellier)

Yôko Ogawa aime plonger le lecteur dans un univers à la fois familier et étrange, peuplé de personnages un peu en marge. C’est encore le cas dans ce conte moderne, qui met en scène une histoire d’amour fraternel et d’oiseaux.

Il était une fois, au Japon, un père, une mère et leurs deux fils qui vivaient heureux. Or, à l’âge de 11 ans, l’aîné se mit soudain à parler une langue étrange que seul était capable de comprendre le cadet. Cette langue, faite de mots flûtés, n’était répertoriée nulle part. C’était une langue que l’homme avait oubliée depuis longtemps : la langue des oiseaux, avec lesquels l’aîné avait le don de communiquer. Le cadet la surnomma « pawpaw », du nom des sucettes que les deux frères allaient acheter chaque semaine et sur l’emballage desquelles voletait un oiseau. À la mort de leurs parents, le cadet continua à s’occuper de son aîné auquel il offrit un nid douillet, tandis qu’il travaillait comme régisseur. Leur vie s’organisait autour de rites simples et rassurants : manger des sandwichs au déjeuner, aller observer les oiseaux à la volière de l’école, acheter une sucette le mercredi, faire des voyages imaginaires qui les emmenaient partout. Une vie douce et paisible, à l’écart du bruit et de la fureur du monde, bercée par le chant des oiseaux dont l’aîné connaissait tous les noms. À la mort de son aîné, le cadet continua à entretenir d’autres rituels en hommage au frère bien-aimé : lire des livres sur les oiseaux à la bibliothèque, nettoyer la volière du jardin d’enfants que l’aîné aimait tant, chanter avec les oiseaux en se souvenant de celui qui lui avait appris à les écouter… Porté par une langue poétique, ce conte moderne empreint de douceur et de tendresse est un magnifique hymne à la différence. C’est aussi une réflexion profonde et habile sur le langage et la communication. Entre onirisme et réalité, ce texte résonne du chant des oiseaux, du bruissement de leurs plumes et du bonheur simple et tranquille auquel nous aspirons tous.

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