Chronique Nirliit de Juliana Léveillé-Trudel

Nunavik, village de Salluit, 1 483 habitants. Nous découvrons un peuple inuit désespéré, loin des clichés, qui s’abîme dans la violence, l’alcoolisme, l’assistanat, la drogue. La narratrice, qui vient chaque année du Sud pour s’occuper des enfants, voit ce peuple s’enliser chaque jour davantage dans sa propre fin, abandonné de tous et vivant dans des conditions abjectes. Ce roman est un cri de colère, une dénonciation de l’horreur quotidienne dans laquelle sont enfermés les peuples autochtones, un cri d’amour aussi, pour son amie Eva, jetée dans un fjord par son amant, morte, et pour les habitants de cette région, perdus et bafoués. Il y a ces femmes, ces jeunes filles, il y a ces enfants conçus dans l’alcool et le viol, qu’on n’élève pas et qui n’appartiennent à personne, il y a l’écriture percutante, ce hurlement littéraire entre rage et désespoir d’une grande beauté pour dire l’urgence. Magistral.

Valérie Barbe Librairie Au Brouillon de culture (Caen)

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