Chronique Aloys de Sarah Turoche-Dromery

Bénédicte Cabane Librairie des Danaïdes (Aix-les-Bains)

Aloys, issue d’une famille noble, a 13 ans quand le roman s’ouvre. Elle en avait 6 quand ses parents l’ont « donnée » à un monastère. C’était une pratique courante à l’époque. Au Moyen Âge, les enfants en général, et les filles en particulier, étaient des biens dont les parents avaient la libre jouissance. Alors elles servaient de monnaie d’échange, de cadeau de remerciement… pour un monastère ou une famille alliée. D’autres encore étaient une charge en raison d’un quelconque handicap. Du coup, les familles se dépêchaient de s’en débarrasser. Comme Aloys, le lecteur ne saura pas pour quelle raison elle a été remise à ce monastère, mais, comme elle, il ressentira la douleur de l’abandon, d’autant plus cruel qu’elle n’y fut pas préparée. La vie rythmée et monotone du monastère permet un temps à la jeune Aloys d’apaiser ses tourments. L’amitié avec Jehanne aussi. Jehanne qui, elle, est venue de son plein gré, pour qui le monastère est un abri et non une prison. Surtout, pour elle qui a la foi, Dieu est une évidence. Elle est finalement tout le contraire d’Aloys. Ainsi, au seuil de ses 13 ans, elle se rend compte peu à peu que cela ne lui suffit plus, qu’elle deviendra folle si elle reste là éternellement. D’autant plus que sont arrivées deux sœurs, dont la plus jeune, Eliette, 6 ans, lui rappelle douloureusement son passé. Au gré des quatre saisons qui rythment cette année de prise de conscience, nous suivons Aloys lors de son cheminement et dans ses tentatives pour recouvrer sa liberté perdue. Car oui, elle veut être libre. Y parviendra-t-elle ?

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