Chronique Le Jour d’avant de Sorj Chalandon

Betty Duval-Hubert Librairie La Buissonnière (Yvetot)

27 décembre 1974, catastrophe de Liévin : quarante-deux mineurs emportés dans un drame qui n’était pas dû à la fatalité. Le narrateur a survécu. Il est le survivant, adulte empli de colère, de honte et de silences. Il est celui qui ne devrait pas être, le « tiot », le petit frère apeuré d’amour pour son frère, admiratif et fier. Époustouflé par la mine, par les mineurs, par leur labeur, par leur abnégation mêlée d’orgueil, il est celui qui reste, orphelin de tous, orphelin de lui-même, comme rejeté. La souffrance est immense, ambivalente et dans cette ambivalence, le roman se déploie, la force narrative de Sorj Chalandon s’accomplit avec une rigueur magistrale et organisée. Le roman est le procès en instance, réclamant jugement et vérité, souhaitant compléter le premier à peine entamé, vite balayé puis traîné en longueur. Lumière et projecteurs sur le tribunal de Saint-Omer en 2017 : le réquisitoire sublime de l’avocat général est un morceau littéraire inoubliable, glaçant dans sa dureté et sa franchise.

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