Chronique La Valse des arbres et du ciel de Jean-Michel Guenassia

Betty Duval-Hubert Librairie La Buissonnière (Yvetot)

Contredisant la thèse du suicide de Vincent Van Gogh, Jean-Michel Guenassia dresse un portrait plein de vie, d’amour et de lumière du peintre à Auvers-sur-Oise. Un roman empli de charme et enthousiasmant.

Découvrir et lire La Valse des arbres et du ciel, c’est renouer avec le plaisir enchanteur et romanesque qui nous avait été donné avec Le Club des incorrigibles optimistes (Le Livre de Poche) publié en 2009. Cette fois, Jean-Michel Guenassia ne s’adonne plus aux utopies ni à leurs désillusions, mais à la peinture, à la création picturale inouïe et géniale de Vincent Van Gogh lors de son court et définitif séjour à Auvers-sur-Oise en 1890. Loin d’entreprendre un roman biographique, linéaire et standard, l’auteur explore et réinvente ces moments intenses de vie par l’intermédiaire de Marguerite Gachet, la narratrice du roman. Fille aînée du médecin autoritaire et cupide Paul Gachet, elle est la mieux placée pour comprendre cette inventivité soudaine, ce besoin inassouvi de créer, de peindre follement à l’écart des académismes ambiants dans une recherche permanente de lumière et de sens, dans une totale liberté. Elle-même est éprise de liberté, rêve d’émancipation féminine et d’autonomie dans une société où les femmes sont corsetées, prises dans un carcan bourgeois étriqué, sans autre avenir que domestique. Ce souffle de liberté pourrait enfin advenir par la peinture et sa rencontre avec Vincent Van Gogh. Ses yeux s’ouvrent sur une beauté inimaginable, sur des paysages pourtant déjà vus et côtoyés qui se révèlent sous un tout autre aspect grâce au génie du peintre. Et c’est précisément le génie artistique qui est honoré dans ce roman, dans la lumière des sentiments amoureux et la révélation picturale. Vincent Van Gogh n’y apparaît pas comme un homme chétif, malade et dépressif, mais bien au contraire en homme solide, ardent travailleur, plein de projets, déterminé. La reconnaissance de son talent n’est pas encore faite, mais elle est proche. Il le pressent. Jean-Michel Guenassia entend démontrer, comme d’autres historiens de l’art l’ont déjà fait, que Vincent Van Gogh n’a pu se suicider. Avec le talent qu’on lui connaît et que l’on aime, il soulève un pan de mystères pour notre plus grand bonheur.

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