Chronique La Couleur de l’aube de Yanick Lahens

Betty Duval-Hubert Librairie La Buissonnière (Yvetot)

La parution en collection poche Sabine Wespieser de La Couleur de l’aube est à saluer et à lire ou à relire. Pénétrer dans un texte de Yanick Lahens, et notamment dans celui-ci, est un ravissement de lecture précieux et rare. C’est une nouvelle fois la terre d’Haïti qui y est chantée dans toute son âpreté et sa beauté mêlées. Le titre seul est déjà évocateur, signifiant et déterminant. Il convoque à la fois l’attente et la détermination, le refus de la docilité face à l’absence et à l’inquiétude. Il évoque les rêves jusqu’alors inaccomplis de Joyeuse et Angélique, les deux sœurs, les douces et enveloppantes folies poétiques et engagées de leur frère Fignolé dans une société ballottée au gré des vents et de gouvernements instables et mortifères. Ces femmes, comme leur mère, combattent à leur manière, dans le silence, dans l’ombre. Elles ne peuvent se résigner à l’innommable, à la tragédie qui fondent leur quotidien. Elles sont. Elles quêtent la couleur de l’aube, invoquent les loas, ces divinités vaudou qui amenuisent les tourments de leur condition. C’est beau et tragique comme la couleur d’une aube.

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