Chronique Le Monde depuis ma chaise de Sergio Schmucler

Betty Duval-Hubert Librairie La Buissonnière (Yvetot)

La calle Ámsterdam à Mexico, rue circulaire, est le point d’observation du temps qui passe et de l’agitation humaine. Un rythme d’horloge pour mesurer les utopies qui nous fondent et nous défont.

Ce roman elliptique, teinté de nuances loufoques, parfois drôlatiques voire absurdes, aborde la condition humaine à travers ses utopies et ses défaites dans le regard d’un homme, d’abord enfant devenu adulte. Fin observateur du monde qui l’environne sans presque jamais quitter sa chaise, il saisit, parcourt visuellement les mouvements des hommes dans cette singulière rue circulaire. Inlassablement, il écoute, attentif et silencieux, engrange le savoir auprès des autres, construit au fil du temps et de sa vie une sagesse intime. Il devient ainsi le gardien secret de leurs mémoires, de leurs morceaux de vie faits d’élans, de résistance et de ténacité, de ces hommes et de ces femmes animés d’une volonté farouche de changer le monde. Fervent gardien du lieu, convaincu d’invincibilité depuis sa chaise qu’il refuse de quitter, rejetant l’idée même d’effectuer un tour et quelques pas dans la rue extérieure (une seule fois accomplie lui a suffi,) il puise confiance et confidences auprès des nombreux locataires successifs des chambres mises à disposition par sa mère. Nul besoin de quitter la cour ou sa chaise pour comprendre que le monde ne tourne pas rond. À l’instar du personnage, ce roman est profondément attachant et dégage une belle réflexion sur la temporalité, sur les tourbillonnements du monde et des hommes.

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