Dossier François Truffaut de Sous la direction de Serge Toubiana

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Arnaud Bresson Librairie Sauramps (Montpellier)

À l’heure où les noms de réalisateurs, pourtant reconnus, disparaissent des affiches de promotion de leur nouveau film (Christopher Nolan en est un exemple récent), il est primordial de revenir sur l’importance de ce métier. Les metteurs en scène présentés ici attestent de la complexité de cette profession.

À l’occasion de l’exposition François Truffaut présentée à la Cinémathèque pour le trentième anniversaire de la mort du réalisateur, paraît un catalogue retraçant sa carrière. Cela permet, s’il en était besoin, de mettre en avant toute la richesse de son œuvre. L’aspect collectionneur de Truffaut nous permet de découvrir, grâce aux très nombreuses archives léguées à l’institution fondée par Henri Langlois, des petits bijoux, tels ces notes de travail, photos de tournage, échanges de lettres avec d’autres illustres cinéastes. Nous plongeons littéralement dans le quotidien d’un tournage : les tourments du créateur, les difficultés du chef de projet et d’entreprise. Nous retrouvons aussi la relation si particulière de François Truffaut avec le livre et l’écriture. Les entretiens réalisés par Serge Toubiana – commissaire de l’exposition et ancien directeur des Cahiers du cinéma, où Truffaut écrivait comme critique dans les années 1950 – avec ceux qui ont côtoyé le metteur en scène disent beaucoup de la complexité du personnage, de ses angoisses, de ses doutes, de son goût de la perfection… Tourner les pages du catalogue donne la folle envie de revoir Les 400 coups, L’Homme qui aimait les femmes, La Femme d’à côté, etc. Comme Truffaut avant lui, Olivier Assayas a collaboré comme critique aux Cahiers du cinéma. Proche de la scène punk française de la fin des années 1970, ce dernier, qui se réclame plutôt de Robert Bresson que de François Truffaut, construit une œuvre intime, exigeante, « à la marge », comme il la définit lui-même. Dans Assayas par Assayas, le réalisateur se dévoile au long d’une sorte d’entretien fleuve, où il mêle éléments autobiographiques, réflexions pointues et théoriques autour du cinéma, confidences sur son parcours et ses tournages. L’annonce faite par le réalisateur d’un deuxième volume à paraître ne peut que réjouir le cinéphile. La parution de l’autobiographie de William Friedkin est un autre motif d’enthousiasme. William Friedkin est le réalisateur d’œuvres inoubliables, comme French Connection, L’Exorciste, ou, plus près de nous, Killing Joe. Même si la forme de l’ouvrage apparaît assez conventionnelle, le contenu, lui, l’est beaucoup moins. En effet, William Friedkin ne jouit pas d’une très bonne réputation et de nombreuses légendes urbaines ont couru sur ses tournages parfois épiques. Dans cet ouvrage, le réalisateur confirme un certain nombre de ces légendes : sa brutalité parfois extrême dans la direction d’acteur, son esprit kamikaze dans ses relations avec le milieu du cinéma. Mais il joue surtout, tout au long, la carte de l’honnêteté. De ce point de vue, le début du prologue est un modèle de franchise et d’humilité. Et le cinéaste, âgé de 79 ans, de conclure en une élégante pirouette que son chef-d’œuvre est toujours à venir : « Il est possible que j’échoue encore, mais peut-être que la prochaine fois, j’échouerai mieux. »

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