Chronique Diane Arbus de

ROXANNE MOREIL, Librairie LA MANŒUVRE, Paris

Depuis le 18 octobre et jusqu’au 5 février 2012, le musée du Jeu de Paume présente la première rétrospective de l’œuvre de Diane Arbus en France. Une exposition pensée comme une expérience intime
entre modèle, photographe et spectateur.

Née à New York en 1923, Diane Arbus est connue pour la fulgurance de son existence et la pureté choquante de sa photographie. Après avoir sombré dans la dépression, elle se donne la mort en 1971 et laisse derrière elle un travail qui occupe une place singulière dans l’histoire de la photographie. Influencée par les travaux de Walker Evans et de Lisette Model, elle commence la photographie en arpentant les rues de New York, qu’elle envisage à la fois comme un territoire connu et une terre étrangère. Elle puise l’essentiel de son inspiration dans les rencontres qu’elle y fait et entreprend de s’interroger sur le rapport que le photographe entretient avec son modèle. Plus tard, elle parcourt les États Unis et débute la célèbre série American Rites, Manners and customs. C’est à ce moment-là qu’elle abandonne le format rectangulaire pour acquérir un appareil photo Rolleiflex. Bientôt, le format carré sera sa marque de fabrique. Nudistes, travestis, phénomènes de foire, malades mentaux, toutes les populations hors-normes passent devant son objectif. Elle se confronte aux faits avec une certaine froideur et semble clamer que son univers est justement vide de normes. Son travail célèbre la réalité telle qu’elle est et ouvre de nouvelles perspectives à la compréhension que nous avons de nous-mêmes. L’exposition du Jeu de Paume adapte sa scénographie à la sensibilité du travail de Diane Arbus en invitant le visiteur à mener sa propre expérience de la réalité photographiée par Diane Arbus. Parallèlement à l’exposition, deux ouvrages essentiels sont réédités. Diane Arbus, une chronologie (de La Martinière/Éditions du Jeu de Paume) offre une vision intime de l’artiste à travers l’importante correspondance qu’elle entretint avec ses proches, sa famille et ses confrères. On peut y lire ses motivations et le sens de ses projets, ainsi que ses doutes et ses remises en question. Par ailleurs, le classique Diane Arbus, publié pour la première fois en 1973, propose quatre-vingts clichés de la photographe qui mettent en lumière toute la puissance de son travail.

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