Chronique Si j’y suis de Erwan Desplanques

Roxanne Moreil Librairie La Manœuvre (Paris 11e)

En une centaine de pages, Erwan Desplanques réinterprète la question existentialiste en se tenant au plus près de nos émotions. Projet ambitieux, mené en virtuose.

Collaborateur régulier de la revue Borborygmes, Erwan Desplanques appartient à cette jeune scène littéraire qui, de Jean-Baptiste Gendarme à Thomas Vinau, représente avec précision et justesse nos angoisses contemporaines. Le roman s’ouvre sur l’énigmatique présence d’un personnage sur une plage. Dont on apprend que, après avoir assisté à la lente agonie de sa mère malade depuis des mois, il est venu chercher auprès de son ex-femme un remède à son sentiment de manque. Sur la plage de son enfance, il comprend néanmoins qu’à la perte de sa mère s’ajoute celle de sa femme, puis celle de lui-même. Comme dans les romans de Christian Oster ou de Jean-Philippe Toussaint, l’angoisse identitaire du personnage pousse celui-ci à partir. C’est en ayant une compréhension plus vaste du monde qui l’entoure qu’il peut enfin se révéler à lui-même. Le roman décrit une boucle, qui mène le narrateur au Vietnam, sur une autre plage et avec une autre femme. Erwan Desplanques joue avec les mots, il les manipule, en mesure le sens et la sonorité pour les poser sur le papier en orfèvre. Rare sont les romans où le plaisir de l’auteur à écrire apparaît aussi clairement, avec autant de jubilation communicative.

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