Littérature étrangère
Ugo Barbàra
Les Malarazza
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Ugo Barbàra
Les Malarazza
Traduit de l'italien par Romane Lafore
Folio
09/04/2026
684 pages, 10 €
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Chronique de
Juliet Romeo
Librairie La Madeleine (Lyon) - ❤ Lu et conseillé par 20 libraire(s)
✒ Juliet Romeo
(Librairie La Madeleine, Lyon)
Dans ce premier tome d’une passionnante saga familiale, Ugo Barbara nous emporte aux côtés de la famille Montalto, de la Sicile aux États-Unis. Un voyage que de nombreux Italiens ont fait pour un nouveau départ, synonyme de liberté mais aussi d’exigence et d’inquiétude face à l’avenir.
Ugo Barbara est journaliste et scénariste en plus d’être auteur de nombreux romans, dont Les Malarazza est le premier traduit en France. C’est peut-être cette triple casquette qui donne le ton de ce roman qu’on lit comme un feuilleton en dernière page d’un journal. Roman qui inaugure la saga des Montalto, dont le deuxième tome, Malastrada vient de paraître. « Malarazza » signifie « mauvaise race » en italien et est également le titre d’un poème et d’une chanson révolutionnaire qui invitent à la lutte plutôt qu’à la lamentation. C’est dans cet esprit qu’Antonio Montalto, un des protagonistes, décide d’immigrer avec sa famille aux États-Unis. Tout commence en 1860 alors que Garibaldi et ses hommes s’apprêtent à débarquer en Sicile, royaume dirigé par les Bourbons. Cette conquête aboutira à l’unification de l’Italie. Mais ce n’est pas si simple pour les Siciliens et pour les garibaldiens. Ils vont être aidés, moyennant une certaine somme, par Antonio. Mais cette aide est loin de plaire aux partisans des Bourbons qui commanditent son meurtre. Il n’a plus qu’une seule issue : la fuite. Rosaria Montalto ne peut se faire à l’idée mais sait que son destin est de suivre son mari. Elle se résout donc à abandonner son herboristerie et à préparer les bagages de ses enfants, avec l’aide de Bianca, la servante qui l’accompagne. Dans cette fuite, ils emmèneront également Nicola, le fils d’un pêcheur, qui entretient des liens étroits et secrets avec Bianca et Antonio. Après un voyage un peu chaotique qui mettra Rosaria à mal, celle-ci se révélera néanmoins dès son arrivée dans les rues de New York. Elle poursuivra son ambition naissante en créant une banque pour les immigrés italiens. Comme dans toute saga, Ugo Barbara crée une galerie de personnages importante qu’il parvient à développer tout au long de ces presque 700 pages. Que ce soit la famille Montalto en elle-même ou toutes les personnes qui gravitent autour d’eux, chacun a une voix propre et une place dans ce récit. L’auteur fouille avec brio la psychologie de ses personnages, féminins notamment, qui tentent de ne pas se laisser dicter leurs comportements, leurs paroles et leurs vies. Traversant l’Histoire de l’Italie mais aussi celle des États-Unis, quand Lincoln arrive au pouvoir et que la guerre de Sécession se profile, le destin de cette famille épouse celui de l’immigration italienne et son accueil aux États-Unis, tels que de nombreux films l’ont également raconté. Une saga historique idéale pour l’été, aux côtés d’une famille ayant choisi de lutter plutôt que de se lamenter.