Chronique Toutes les familles heureuses de Hervé Le Tellier

Anaïs Ballin Librairie L’écriture (Vaucresson)

Avec Toutes les familles heureuses, c’est à une immersion dans son histoire familiale et à une traversée de l’Histoire que nous convie l’auteur. Un roman juste et drôle.

Première sélection du Prix Interallié 2017

 

Très vite, on devine une filiation loin d’être évidente, de celles qui ne laissent pas totalement indemne ou qui, à tout le moins, forgent un caractère et une conception particulière de la vie. Le père biologique s’avère totalement absent, le beau-père est un homme distant bien qu’aimant. Vaste cas d’étude : la mère. Entre désir de perfection, folie passagère, obsessions notoires, tendance au mensonge et fragilité palpable, la complexité du personnage est colossale et les liens entre le fils et la mère se révéleront, de fait, conflictuels et parfois même douloureux. Si l’on pouvait craindre une autofiction qui ferait office d’auto-psychanalyse, il n’en est rien. L’écriture d’Hervé Le Tellier, sobre, dépouillée et d’une grande justesse, alliée à une facilité à rire de tout, même du tragique, voire surtout du tragique, font de ce récit un roman dont la simplicité fait mouche. L’essayiste, poète, journaliste et romancier met dans son récit la dose de cynisme parfaite pour dire à la fois les forces, le désir de vie, mais aussi les peines et les douleurs, donnant naissance à un roman qui raconte une histoire comme il en est des milliers mais dont la singularité nous bouleverse avec une infinie douceur.

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