Chronique L’Espoir d’un printemps israëlien de Avirama Golan

  • Avirama Golan
  • Traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech
  • Coll. «Coll. « Auteur de vue »»
  • Galaade
  • 28/04/2011
  • 128 p., 10 €

ROUILLÉ RAPHAËL, Librairie SAURAMPS-EN-CÉVENNES, Alès

Entre souvenir et espérance, Avirama Golan se remémore de moments uniques passés en compagnie de son amie palestinienne, et rêve d’une paix des peuples où l’éveil culturel aurait remplacé le sang qui coule.

Alors qu’Avirama Golan est sur le point de publier sa correspondance avec son amie Nidal, l’Égypte s’embrase. Avirama Golan repense au vieux citoyen qui embrasse la terre de la place Tahrir en criant. Comme ce vieillard, elle a envie d’embrasser le sol de son pays et de pleurer, mais elle refuse pourtant de perdre espoir. Ce livre se présente comme un journal de souvenirs, de septembre à janvier, comme un combat qui tente de retrouver des moments disparus et comme une réponse lyrique aux massacres entre juifs et arabes. Il décrit aussi toute la complexité du Proche-Orient et insiste sur le fait qu’il faut « donner de la vie à la terre, non de la mort ». Dans la lignée de Mahmoud Darwich, Avirama Golan tranche pour une vision sage et humaine qui semble être la seule voie possible : « Est-ce que tout est perdu ? Je ne veux pas le penser. Il y a un chemin. Il est ardu. Mais il est possible. Il oblige à un retour sur l’Histoire. Sur la politique. Sur la culture. Sur la lucidité. Sur le renoncement à la force, au sang et à la mort, et à leur conversion en la qualité la plus intelligente de l’Orient, la faiblesse ». En mettant à nu notre faiblesse de peuple démuni, dit-elle, aspirant à la liberté et non au sang, nous pouvons respecter les différentes cultures et espérer une vie digne de respect. Rêvant d’un État palestinien aux côtés d’Israël, Avirama Golan écrit avec la force de ses sentiments et le courage de son cœur, et évoque les meurtrissures provoquées par le tiraillement des peuples, leur violence et leur déchirement. Suivant la pensée de l’écrivain Ziyad Hadach, elle reprend ce très beau passage sur la faiblesse et la singularité, qui indique aussi le chemin à suivre : « en partant à la poursuite du bateau ivre d’Arthur Rimbaud ; en étant émus aux larmes quand nous voyons un spectacle au théâtre de la casbah ; en restant éveillés jusqu’à quatre heures du matin pour tirer le soleil de son pyjama, avant son rendez-vous avec la lune sous votre regard émerveillé. » L’espoir est bien là, suivant la trace des poètes, dans le creux de la vie, dans le cœur des êtres.

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