Chronique Le Clan des Otori de Stéphane Melchior

Claire Rémy Librairie Maupetit (Marseille)

Saga romanesque culte commencée en 2002, Le Clan des Otori, de la Britannique Lian Hearn, s’est vendue à plusieurs millions d’exemplaires de par le monde. Découvrez en avant-première l’adaptation graphique de Stéphane Melchior et Benjamin Bachelier, à paraître dans la collection « Fétiche » de Gallimard bande dessinée début mars.

 

Combinaison parfaite de roman initiatique et de récit d’aventure, Le Clan des Otori est un incontournable de la littérature fantasy qui a depuis longtemps dépassé le cadre des rayons jeunesse. Les plumes de Stéphane Melchior et Benjamin Bachelier lui offrent une nouvelle vie, avec ce premier tome, Le Silence du rossignol.

En rentrant d’une escapade dans les montagnes, le jeune Tomasu assiste, impuissant, à l’incendie de son village et au massacre de son peuple, les Invisibles, parmi lesquels son père adoptif. De façon inexpliquée, il va réussir à s’échapper, non sans avoir défié le terrible Iida Sadamu, chef des attaquants. Poursuivi par ses sanguinaires soldats, il est sauvé par un homme étrange, Shigeru, qui s’avère être le chef du clan réputé des Otori. Celui-ci le prend sous sa protection (pour des raisons que l’on va découvrir au fil du récit), le rebaptise Takeo (Tomasu étant trop marqué Invisibles) et l’emmène avec lui à Hagi, la capitale des Otori. Shigeru va adopter Takeo et les Otori s’occuper de son entraînement au combat et de son éducation. Peu à peu, des révélations vont lui être faites sur son identité et son père biologique. Surtout, depuis le massacre, Takeo commence à développer d’étranges pouvoirs issus d’une extrême sensibilité sensorielle qu’il va devoir apprendre à maîtriser pour espérer venger sa famille. Mais contrairement aux Otori, les Invisibles ont un principe : « Tu ne tueras point ». Parallèlement, nous suivons l’histoire de Kaede, jeune fille prisonnière des Nogushi. Ces alliés de Iida Sadamu sont responsables d’une sévère défaite des Otori dans laquelle Shigeru a perdu son père. Kaede, considérée comme une simple marchandise destinée à préserver la paix entre des clans rivaux, est traitée comme une moins que rien et bientôt promise à un vieil homme. Mais une réputation de femme maudite va vite lui coller à la peau après la mort subite de son futur époux et celle d’un garde qui tente de la violer. Loin de la sauver, cette malédiction va encore lui compliquer un peu plus l'existence et elle est bientôt promise à Shigeru Otori lui-même. Au cœur d’un Japon féodal et fantastique, complots, trahisons, croyances et secrets de famille se côtoient dans une aventure immédiatement addictive. Le dessin vif et les paysages aux couleurs intenses de Benjamin Bachelier habillent magnifiquement le récit et participent au grand plongeon que l’on fait au cœur des intrigues croisées. L’esthétique japonaise est forcément présente mais avec une touche de modernité qui emporte le lecteur dans un moment d’évasion total. Les auteurs ont réussi à trouver le rythme juste pour ne pas nous perdre parmi la multitude de personnages complexes imaginés par Lian Hearn. Avant une adaptation à venir au cinéma, le premier tome de cette version illustrée du Clan des Otori ne déçoit pas et prouve, s’il le fallait, que cette saga universelle n’a pas pris une ride.

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